C’est indéniable : le caribou boréal est un symbole canadien.
La majorité de la population ontarienne ne verra jamais cette espèce timide du Nord à l’état sauvage, mais nous n’avons qu’à fouiller dans notre poche pour nous souvenir de son statut d’emblème : oui, c’est un caribou qu’on voit sur nos pièces de 25 sous!
Le caribou se trouvait autrefois dans 80 % du pays, mais il s’agit maintenant d’une espèce en péril.
C’est pourquoi c’est une excellente nouvelle que l’Ontario et le Canada s’associent pour investir dans la conservation et le rétablissement du caribou, notamment en explorant la possibilité d’agrandir les parcs qui protègent l’habitat de cette espèce spéciale.
En plus des engagements en matière de science et de surveillance, l’Ontario explore les possibilités d’élargir les aires protégées existantes dans le cadre de l’Accord Canada-Ontario sur la conservation du caribou.
Et – vous l’avez deviné – certaines de ces aires protégées font partie du réseau de Parcs Ontario!
Ces agrandissements, s’ils sont approuvés, pourraient ajouter jusqu’à concurrence de 44 000 ha aux parcs provinciaux existants, soit près de la moitié de la taille du comté de Prince Edward!
Le caribou a besoin d’espace
Ces animaux timides et très discrets ont besoin de grandes forêts de pins et d’épinettes exemptes de routes et d’autres perturbations pour s’épanouir.
C’est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles les grands parcs naturels – comme les parcs provinciaux Wabakimi et Woodla d Caribou – sont si essentiels à nos efforts provinciaux de protection.

On estime qu’une harde moyenne de caribous boréaux a besoin d’au moins 900 000 ha de nature sauvage intacte, soit environ la taille du parc provincial Wabakimi (850 000 ha) et environ 14 fois la taille de la ville de Toronto (63 000 ha). Cette superficie est une exigence minimale pour soutenir le caribou, car les activités humaines qui perturbent et fragmentent son habitat forestier, comme la construction de routes, affectent sa survie.

En fait, l’une des principales raisons pour lesquelles les parcs provinciaux Wabakimi et Woodland Caribou ont été formés était de protéger l’habitat du caribou!
Ces parcs sont des points d’ancrage de l’habitat : soit des espaces protégés dans la forêt boréale qui sont essentiels pour les populations de caribous.
On n’est jamais aussi bien que chez soi : la forêt boréale
L’une des populations de caribous de l’Ontario effectue une migration saisonnière, mais la population de caribous boréaux reste – vous l’avez deviné – dans la forêt boréale toute l’année.
Les forêts boréales sont des écosystèmes riches et en constante évolution (par exemple, cycles de vie des insectes, périodes de croissance, incendies de forêt). Les caribous utilisent différentes sections du territoire à différents moments – c’est l’une des raisons pour lesquelles ils ont besoin de tant d’espace.
En outre, le caribou dépend fortement du lichen qui pousse dans les arbres et sur le sol de la forêt boréale pendant les mois d’hiver et d’été. En été, ils complètent leur alimentation avec d’autres plantes.

Pendant l’hiver, le caribou peut sentir le lichen sous un mètre de neige et creuser jusqu’au sol pour s’alimenter, un comportement que les biologistes du caribou appellent « cratérisation ».
Les caribous ont de grands sabots fendus qui agissent comme des raquettes à neige pour les soutenir lorsqu’ils marchent dans la neige profonde ou les fondrières. Ces sabots les aident également à racler et à creuser la neige pour atteindre le lichen au sol.

Le lichen pousse mieux dans les peuplements ouverts de pin gris ou d’épinette noire et se régénère mieux après un feu de forêt intense. Ces feux sont importants pour fournir l’habitat futur du caribou, mais une fois que le lichen est perturbé, il peut mettre au moins 40 ans ou plus à se rétablir.
Le caribou est sensible aux perturbations, qu’elles soient naturelles (comme les feux de forêt) ou humaines (comme les routes). Encore une fois, c’est pour cette raison que nos parcs actuels sont si importants pour cette espèce et qu’une grande partie du plan d’aide au caribou comprend une proposition d’agrandissement des aires protégées!
Comment notre personnel soutient déjà la protection des caribous
Parcs Ontario est un élément important de l’effort de protection plus large de la province. Nous collaborons avec des équipes comme la Direction des espèces en péril et la Direction des services d’urgence, d’aviation et de lutte contre les feux de forêt (SUALFF) pour faire notre part.
Par exemple, dans le Nord-Ouest de l’Ontario, le personnel du parc contribue à la recherche provinciale sur le caribou en effectuant des relevés aériens.
En 2023, nous avons pris notre envol au-dessus des parcs Wabakimi et Woodbland Caribou, des transects aériens du parc pour évaluer les populations et le comportement du caribou.

Pourquoi les relevés aériens ont-ils lieu en hiver?
Parce qu’en été, il est presque impossible de repérer les caribous – ils se fondent dans le paysage!
En hiver, il est plus facile de repérer les caribous sur fond blanc, et on peut voir leurs traces dans la neige!

En 2023, les caribous étaient surtout dans les arbres, ce qui les rend plus difficiles à repérer.
Nous avons vu des traces sur les lacs dans certaines zones du parc. On a aussi observé des cratères et des signes de broutage le long des rives où la neige fondait et où les lichens étaient exposés (miam, le dîner!).

Les caméras de surveillance des sentiers peuvent également nous aider à savoir où les caribous sont actifs dans les parcs (la plupart des photos non aériennes de ce blogue proviennent de nos caméras de surveillance des sentiers!) et aider le personnel à prendre les meilleures décisions en matière de gestion des parcs.
La compréhension du comportement du caribou nous aide à prendre de bonnes décisions concernant la gestion du parc
Par exemple, nous savons que le caribou a besoin d’un habitat très vaste (des centaines de kilomètres carrés) dans les forêts plus anciennes et riches en lichens. Nous savons également que des feux intenses et chauds sont nécessaires pour renouveler la croissance du lichen terrestre, mais aussi que le caribou évitera les zones brûlées en attendant le retour du lichen.

En cas de feu de forêt (un événement courant et naturel de l’écosystème de la forêt boréale), les renseignements sur les modèles de distribution du caribou peuvent aider le personnel à cerner les zones du parc à protéger et les zones qu’on peut laisser brûler, pour ainsi créer une mosaïque de l’habitat actuel et futur du caribou.
De même, le fait de savoir quelles parties du parc sont utilisées par les caribous nous aide à prendre de bonnes décisions concernant l’utilisation du parc à des fins récréatives. Si nous savons que le caribou utilise certaines îles ou péninsules pour les mises bas au printemps, par exemple, nous pouvons désigner ces zones comme des maternités et rediriger les itinéraires et les portages de canot pour éviter de les déranger.
Offrir un lieu protégé à ce symbole canadien
On estime la population ontarienne de caribous boréaux à 5 000 individus. Le caribou boréal est une espèce menacée aux termes de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition.
Nos parcs sont des points d’ancrage importants pour cette espèce emblématique en péril. Nous sommes fiers de nos efforts pour soutenir les populations de caribous en Ontario et nous sommes ravis de participer aux futurs efforts de conservation de cette espèce incroyable.