La chauve-souris : du vent ou du plomb dans les ailes?

Le billet d’aujourd’hui a été écrit par Elora VanDerLoo, amoureuse des chauves-souris et guide Découverte au parc provincial Samuel-de-Champlain. Image d’en-tête : Brock Fenton.

Les chauves-souris du Canada sont d’incroyables prédateurs de la nuit qui jouent un rôle crucial dans nos écosystèmes en contrôlant les populations d’insectes. Elles aident à protéger nos cultures des parasites et à réduire le nombre d’insectes qui sont dehors la nuit.

Malgré leur importance et les avantages qu’elles procurent, les chauves-souris sont confrontées à de nombreuses menaces et leurs populations sont en déclin. À quoi ressemblerait votre expérience de camping s’il n’y avait pas de chauves-souris patrouillant dans le ciel nocturne à la recherche d’un repas d’insectes?

Une chauve-souris verte de peur?

Les chauves-souris font face à de nombreuses menaces créées par les humains, mais heureusement, il y a des choses que vous pouvez faire pour aider.

Pipistrelle de l’Est. Source : Brock Fenton

Gardez votre chat à l’intérieur, dans un chatio (un enclos extérieur sécurisé) ou en laisse lors des sorties. Les chats d’extérieur sont des prédateurs de la faune locale. Les chauves-souris n’ont généralement qu’un bébé par an, de sorte que même quelques décès ont une incidence sur leurs populations. Le fait d’observer cette précaution réduit les risques de décès des chauves-souris et protège votre ami félin des voitures, des prédateurs, des parasites et des maladies. 

Laissez les arbres morts et mourants debout sur votre propriété lorsque cela est sécuritaire. Vous pouvez également accrocher plusieurs nichoirs pour chauves-souris dans des zones où l’exposition au soleil varie si des petites chauves-souris brunes ou des grandes chauves-souris brunes vivent sur votre propriété.

Le fait qu’elles aient accès à plusieurs nichoirs permet aux chauves-souris de trouver du soulagement lors des journées extrêmement chaudes ou froides. Même si des nichoirs pour chauve-souris n’ont pas encore été utilisés, cela ne signifie pas qu’ils ne le seront jamais. De plus, ils représentent toujours un habitat précieux.

La perte d’habitat causée par l’étalement urbain et l’agriculture enlève les forêts que nos chauves-souris utilisent comme territoire de gîte (abris) et pour la recherche de nourriture. Construire (ou acheter) un nichoir pour chauve-souris est facile. Consultez notre blogue afin de connaître les étapes simples pour fabriquer votre propre nichoir.

Éteignez les lumières inutiles la nuit ou utilisez des lumières respectueuses du ciel nocturne. La pollution lumineusepeut menacer les chauves-souris, car elle les rend plus visibles pour les prédateurs. Les chauves-souris peuvent également éviter les zones lumineuses, les forçant à voyager plus loin et à dépenser plus d’énergie.

Nichoir pour chauves-souris (et arbres morts debout) sur le sentier Prospector’s Trail dans le parc provincial Esker Lakes.

Évitez d’aller dans des grottes ou des mines abandonnées pendant l’hiver pour réduire la propagation du syndrome du museau blanc (SMB) et ne pas réveiller les chauves-souris. Le SMB est une maladie causée par un champignon qui prospère dans les environnements frais et humides et qui présente un problème seulement pour les espèces de chauves-souris qui hibernent.

Pendant l’hibernation, le SMB irrite la peau des chauves-souris, ce qui les rend inconfortables et les réveille, et leur fait utiliser les réserves énergétiques (graisses) dont elles ont besoin pour survivre jusqu’au printemps. En Ontario, la petite chauve-souris brune, la grande chauve-souris brune, la pipistrelle de l’Est, la chauve-souris pygmée de l’Est et la chauve-souris nordique sont touchées par le SMB.

Ciel nocturne avec pollution lumineuse vu d’Ignace. Source : Laura Myers

Apprenez-en plus sur le SMB et ce que les parcs font pour aider.

Un argynne de l’Atlantique obtenant le nectar de la fleur d’achillée millefeuille au parc provincial Blue Lake. Source : Roshan Robert

Minimisez l’utilisation inutile de pesticides et créez un jardin, une ferme ou une arrière-cour favorable aux insectes en plantant des espèces indigènes. Cela attirera les chauves-souris et d’autres créatures sympathiques dans votre jardin! Récemment, certains parcs de Parcs Ontario ont installé des jardins de pollinisateurs remplis d’espèces indigènes afin de stimuler la biodiversité dans les parcs (apprenez-en davantage sur les jardins de pollinisateurs de Parcs Ontario).

Les pesticides sont nocifs pour les insectivores comme nos chauves-souris parce qu’ils réduisent le nombre de proies insectes. Avec moins de nourriture, il est plus difficile pour les chauves-souris de gagner des réserves de graisse, qu’elles utilisent comme énergie pour survivre à l’hiver et avoir des bébés au printemps. Les chauves-souris peuvent également accumuler des pesticides dans leur organisme en consommant des insectes contaminés, ce qui peut entraîner leur empoisonnement. L’empoisonnement par les pesticides épuise l’énergie des chauves-souris, cause des problèmes de reproduction et provoque une immunosuppression rendant les chauves-souris plus sensibles au SMB. 

Le futur bat de l’aile?

Près de la moitié des espèces de chauves-souris d’Amérique du Nord risquent de connaître un déclin important de leur population au cours des 15 prochaines années.

En Ontario, nous avons huit espèces de chauves-souris :

EspèceÉtat
Chauve-souris rousse de l’EstEn voie de disparition au Canada
Chauve-souris argentéeEn voie de disparition au Canada
Chauve-souris cendrée En voie de disparition au Canada
Petite chauve-souris bruneEn voie de disparition au Canada
Chauve-souris nordique En voie de disparition au Canada
Pipistrelle de l’EstEn voie de disparition au Canada
Chauve-souris pygmée de l’Est  En voie de disparition au Canada
Grande chauve-souris brune Préoccupation mineure – pas actuellement en péril
Grande chauve-souris brune au parc provincial Samuel-de-Champlain, tenue pour la recherche. Veuillez ne pas ramasser d’animaux sauvages

Les bonnes nouvelles donnent des ailes!

L’équipe de biologie (Lyle Novella-Talusan et Gavin VanDyk) installe ses microphones et son équipement pour la surveillance des chauves-souris au sentier The Pines, près du lac Pickerel, été 2023. Source : Zuzanna Radecki

Heureusement, depuis quelques années, le nombre de chauves-souris en hibernation remonte doucement, alors que les espèces de chauves-souris commencent à s’adapter au syndrome du museau blanc. Cela inclut la population de la petite chauve-souris brune, qui a été la plus durement touchée en Ontario. Bien que les chauves-souris commencent à s’adapter, elles ont encore besoin de notre aide pour reconstituer leur population gravement appauvrie. 

De nombreuses recherches sont effectuées pour en apprendre davantage sur les menaces qui pèsent sur les chauves-souris, sur les endroits où elles se trouvent et pour élaborer des pratiques de conservation plus efficaces.

Beaucoup de recherches collaboratives sont également effectuées entre des groupes autochtones et non autochtones partout au Canada. Elles visent à en apprendre davantage sur les chauves-souris et à trouver des moyens de leur venir en aide. Il s’agit notamment du programme pilote de surveillance des chauves-souris de la Métis Nation of Ontario, la recherche en surveillance acoustique de la première nation Atikameksheng Anishnawbek et de la première nation Wahnapitae, qui est appuyé par le Fonds autochtone pour les espèces en péril.

Qu’il vous pousse des ailes!

Autres activités possibles lors d’une visite dans un parc provincial (ou autour de votre maison) :

  • Vous avez des chauves-souris dans votre tente ou votre remorque? Retirez sans cruauté les chauves-souris des endroits où vous ne souhaitez pas les voir. Ouvrez les fenêtres et les portes pour laisser la chauve-souris s’envoler vers l’extérieur, soyez prudent lorsque vous retirez une chauve-souris, ou demandez l’aide d’une entreprise de relocalisation éthique (ou du personnel du parc).
  • Signalez un comportement étrange, comme des chauves-souris qui volent pendant la journée ou l’hiver, ou toute chauve-souris morte. Adressez-vous au personnel du parc ou appelez le Réseau canadien pour la santé de la faune, le Centre d’information sur le patrimoine naturel ou le bureau local du ministère des Richesses naturelles.
  • Prenez des photos de signes de chauve-souris ou d’observations de chauves-souris et publiez-les sur l’application iNaturalist. Ces données aident le personnel du parc et d’autres scientifiques communautaires à surveiller les populations locales de chauves-souris. En savoir plus sur iNaturalist.
  • Apprenez-en davantage sur les chauves-souris dans les programmes Découverte et dissipez la mauvaise information que vous entendez – vous êtes moins susceptible de craindre quelque chose que vous comprenez.

Nom d’une chauve-souris, c’est fini!

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