
La réflexion d’aujourd’hui sur l’histoire du parc nous est livrée par Charlotte Westcott, ancienne responsable du programme Découverte au parc provincial Neys.
À la fin d’une histoire, on ferme le livre.
Un chapitre vient de se terminer et cela s’accompagne d’un sentiment de finalité profonde.
L’histoire, contrairement aux livres d’histoires, ne s’arrête jamais. Il n’y a pas de dernier mot ni de dernière page, ni de livre à ranger. Dans ce cas, comment raconte-t-on les petites histoires de la grande histoire?
Le Camp 100 à Neys était un camp de prisonniers de guerre pour les soldats allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Ensuite, il est devenu un camp d’internement pour Canadiens japonais. Après cela, il a servi de « ferme industrielle » où des détenus de la prison du district de Port Arthur étaient envoyés.
Chaque époque a son histoire. Chacune est un conte avec un début, un milieu et une fin. Du moins, c’est qu’il me semble, en tant qu’avide conteuse et lectrice.

On pourrait dater la fin de cette histoire à 1953 lorsque le Camp 100 a été déclaré officiellement démantelé. Mais cela reviendrait à couper l’histoire au milieu d’une phrase.
Les bâtiments de Neys avaient été démantelés en composants et utilisés pour construire de nouveaux bâtiments sur les rives voisines. Là-bas, ils peuvent être témoins de nouvelles histoires.
Alors que l’on s’apprête à tirer définitivement le rideau sur le Camp 100 à Neys, le temps est-il venu de laisser place à la réflexion?
Aux pensées?
L’histoire, pour ainsi dire, est terminée. Un camp a été ouvert, exploité et fermé.
Mais l’histoire ne s’arrête jamais
Dans les années 1950, le tracé de la route 17 a été prolongé le long de la rive nord du lac Supérieur et les visiteurs ont lentement commencé à découvrir la magnifique plage de Neys.
Dans les années 1960, la région de Neys a subi un profond changement. Des jeunes scouts bénévoles ont planté plusieurs hectares de pins rouges non indigènes et, en 1963, des travaux de construction ont commencé sur un terrain de camping qui se trouve à peu près à l’endroit où le camp de prisonniers de guerre était situé 20 ans plus tôt.
En 1965, Neys est devenu un parc provincial.
Quand on se rend à Neys aujourd’hui, l’endroit est bien différent de ce qu’il était en 1941.
J’ai entrepris d’écrire ce billet de blogue sur la mousse, les arbres, les arbustes et d’autres êtres qui poussent sur les restes du Camp 100 à Neys. Au lieu de cela, je me suis jetée tête baissée dans la philosophie de la préservation historique.
Comment choisir une histoire?
Chaque instantané de Neys fait partie de son histoire globale.
La construction, l’exploitation, l’abandon, la destruction, la redécouverte et plus encore sont des éléments précieux et essentiels de l’histoire.
Raconter l’histoire d’une seule partie causerait du tort aux autres parties. La réponse que j’avais trouvée à la question de savoir ce qui pousse sur l’histoire, c’est d’autres histoires.
La nature elle-même est devenue un conteur, tissant son propre récit dans l’histoire de Neys.

De multiples vies de l’histoire
L’un des plaisirs infinis de travailler pour le parc provincial Neys est les gens qui m’ont approchée dans le but de raconter leurs histoires.
En tant que membre de l’équipe du programme Découverte, j’étais l’une personne à qui les gens aimaient faire part de leurs découvertes! Il n’y a pas eu une seule journée sans qu’on me raconte une histoire, qu’il s’agisse d’une rencontre avec la faune ou d’une aventure de camping.
Ce qui distingue mon rôle des autres rôles au parc provincial Neys, c’est l’histoire.
Comme des grains de sable s’accumulant sur la plage, les visiteurs m’ont apporté des bribes d’histoires et de souvenirs.
J’ai vu des lettres d’autres générations, des artefacts transmis par des familles, des photographies précieuses, des histoires chères et des centaines d’autres moments d’intendance personnelle soignée.

J’ai passé la majorité de mon temps à parler aux gens du Camp 100 à Neys ou à écouter des histoires d’autres personnes sur le camp.
Mes histoires préférées étaient celles des personnes qui ont fait des commentaires sur les arbres. Les rangs stables de pins sont un excellent indicateur temporel pour les personnes qui visitent le parc provincial Neys au fil des ans depuis que ces arbres ont été plantés.
Nous n’avons pas encore reçu de photos des jeunes pins rouges au parc provincial Neys, mais je me plais à les imaginer. Comment auraient-ils résisté aux tempêtes automnales? Comment auraient-ils bravé les neiges hivernales?
J’ai apprécié l’aide des visiteurs du parc pour me raconter l’histoire de ces arbres. Je n’oublierai jamais un visiteur du parc qui m’évoquait ses souvenirs lorsqu’il courait dans les rangées de pins et s’imaginait plus grand que des géants.
60e anniversaire du parc provincial Neys

Le parc provincial Neys a célébré son 60e anniversaire en 2025.
L’histoire ne s’arrête jamais. Au fur et à mesure que le temps passe, les histoires continuent de pousser. Avec chaque visiteur du parc. À chaque tempête. Chaque saison et chaque année, l’histoire de Neys continue de pousser.
Alors que je m’assois pour écrire ce billet de blogue, je commets un acte miniature de préservation historique. À ce moment-là, alors que je place mes doigts sur le clavier, je rédige ma compréhension du monde qui pourrait changer avec le prochain visiteur qui entrera dans mon bureau.
Il est tentant de penser que tout acte de préservation est un acte d’orgueil démesuré. Qui sommes-nous pour choisir le moment où une histoire est terminée? Comment peut-on savoir que l’histoire que l’on raconte est une histoire qui retranscrit avec exactitude et exhaustivité un pan de la grande histoire?
Cependant, écrire un billet de blogue ne revient pas à fermer un livre ou à mettre fin à une histoire pour toujours.
L’histoire fait partie de notre environnement et ne s’arrête jamais
Au parc provincial Neys, nous serons toujours ravis d’entendre vos histoires.
Visitez le parc provincial Neys pour en apprendre davantage sur l’histoire du parc.

